jeudi 2 juin 2011

En attendant le tome 2...

Si vous avez aimé "Les Philopyges", vous aimerez (encore plus) :-) :



« DE L’EGAREMENT A TRAVERS LES LIVRES »
d’Eric Poindron.
Le Castor Astral, éditeur.


Une mystérieuse association de fous des livres, « bibliopathonomades », recrute des enquêteurs chez les bouquinistes. Des ouvrages introuvables arrivent par la poste chez le narrateur, porteurs d’énigmes ou d’invitations à des rendez-vous discrets dans des bibliothèques de Reims ou d’ailleurs…

Il faudrait une immense érudition pour démêler le vrai du faux. Tous les fous littéraires évoqués dans ce livre ont-ils vraiment existé, ou sont-il eux-mêmes issus de l’imagination d’un autre fou?

Sociétés secrètes, atmosphères des dix-huitième et dix-neuvième siècles, bibliothèques cachées, passages dérobés: ce livre est un labyrinthe de contes fantastiques où l’on croise des figures connues (égarées là depuis quand ?) et des ombres mystérieuses. Il m’a replongé dans les souvenirs récents du «Manuscrit trouvé à Saragosse» de Potocki, ou dans les transes des lectures inquiétantes de ma pré-adolescence : Jean Ray, Lovecraft, Conan Doyle, et bien d’autres…

Et si tout était vrai, comme nous en avertit le narrateur dès les premières pages ? Et si, ayant cru entrer dans un roman, on s’apercevait en ressortant qu’on vient de lire un traité d’histoire littéraire ? Et si chaque conte était un essai ? Ce n’est pas le moindre charme de ce livre inclassable !

L’ayant lu dans un train bondé de fêtards, lors d’un voyage à travers la Voïvodine, aux confins de la Serbie et de la Hongrie, je n’avais pas à portée de main les moyens de vérifier les racontars d’Eric Poindron. Il m’est donc impossible, cher lecteur, de vous donner la moindre indication pouvant vous éviter de vous égarer à votre tour.

Allez-y à vos risques et périls…

POST SCRIPTUM:

Note 1: Une recherche rapide via google sur le terme "bibliopathonomadie" m'a conduit à l'écrivain serbe Goran Petrovic et son livre "Soixante-neuf tiroirs", ainsi qu'à Milorad Pavic et son "Dictionnaire khazar" ! A mon insu, cette lecture dans un train ne devait donc rien au hasard ! Nos lectures seraient-elles guidées par des forces occultes ?

Note 2: D'autres recherches sur les différents chapitres du livre m'ont permis de prendre la mesure de mon ignorance, et celle de l'érudition d'Eric Poindron, aussi ne m'étendrai-je pas davantage sur ce sujet embarrassant...



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dimanche 3 avril 2011

JOSSOT, les couvertures auxquelles vous avez échappé.

Henri Gustave Jossot, peintre et caricaruriste de la Belle Epoque dont l'oeuvre est très diverse et l'humour sans pitié.

Un site lui est consacré par Henri Viltard : http://gustave.jossot.free.fr/

Henri Viltard organise aussi une exposition remarquable des travaux de Jossot, à la bibliothèque municipale de Paris, 1 rue du figuier dans le Marais, de mars à juin 2011.

Je rêvais de voir ses dessins en couverture des deux volumes de mon roman. L'éditeur en a décidé autrement, mais les dessins se retrouvent en noir et blanc en pages intérieures.


LA CONJURATION DES PATRIOTES
Ces deux là ressemblent étrangement aux deux personnages à droite de l'image dans l'épisode de "La dictée du bordereau" tourné par Méliès.(Voir l'article sur l'Affaire Dreyfus)


SERIE NOIRE A LA COLONIALE




samedi 2 avril 2011

Stéphane Mallarmé fut il assassiné ?

Vous le saurez bientôt !














Palm, ou Palma, l'autre "gentleman cambrioleur"...

Dans les écrits d'Alexandre Jacob publiés aux éditions l'Insomniaque, une lettre envoyée à sa mère en janvier 1915, alors qu'il se trouvait au bagne en Guyane, fait allusion à un certain "Palma" sur qui aucun détail n'est donné...



Ai-je retrouvé la trace de cet homme ?

Dans son livre autobiographique "Souvenirs d'un ours" publié en 1946 , Lucien Descaves ( dont j'ai fait un membre de la bande des philopyges), écrivain libertaire et journaliste à l'Aurore à l'époque de l'affaire Dreyfus raconte qu'en 1898 ou 1899 il fut victime d'un cambriolage. Voici ses mots, près de cinquante ans après les faits :


"Chapitre XIII: « Revenez tout de suite. Maison dévalisée ».

Dans le train « trop omnibus à mon gré » il se fait cette réflexion : « Faut il tout de même que ces cambrioleurs opèrent à l’étourdie ! En effet, ou bien c’est par hasard qu’ils ont jeté leur dévolu sur mon habitation, et alors ils ont risqué les travaux forcés pour bien peu de choses ; ou bien sommairement renseignés, ils savaient quel est mon genre de vie et d’occupation, et il faut, en ce cas,qu’ils soient bien jeunes, bien naïfs, pour s’imaginer trouver dans les tiroirs d’un homme de lettres autre chose que des manuscrits et une correspondance volumineuse. »

Et il ajoute : « Le cambriolage n’est il pas, en somme, préférable à l’incendie qui détruit tout… »

Mes cambrioleurs avaient, dans le cabinet de travail, respecté les cartons, la bibliothèque, ne considérant pas sans doute mes livres et mes gravures comme un superflu dont il était raisonnable de me soulager. Je leur en rendis grâces.

(…)

L’effraction des meubles avait été opérée avec un tel soin, que je dus convenir qu’un serrurier requis pour ouvrir une porte, occasionne généralement dix fois plus de dégâts…

(…)

J’eus des nouvelles de mes visiteurs une dizaine d’années plus tard, en 1908, lorsque M. de Soubeyran de Saint-Prix, juge d’instruction, me pria de me rendre en son cabinet pour m’y fournir des détails sur le cambriolage dont j’avais été victime.

Affable et sans détours, M. le juge me mit en deux mots au courant des révélations d’un certain Palm, mon voleur.

Palm avait trente ans… plus huit ans de travaux forcés que lui valurent divers cambriolages, non compris le mien. Palm ne risquait pas grand chose en m’ajoutant à sa liste : il était déjà relégable. Enfin, c’était quelqu’un. J’avais hâte de le connaître plus intimement.

Il entra, escorté de deux gardes municipaux, et je vis un petit homme à la figure mobile, simiesque et fanée (…) Il portait le costume de détenu.

M de Soubeyran de Saint-Prix fit les présentations, nous nous saluâmes, Palm et moi, et la conversation s’engagea aussitôt, vive et cordiale, en présence d’un défenseur, bien aimable aussi. Le plus à son aise d’entre nous était Palm. A ne le juger que sur sa mine, on lui eût donné un casier judiciaire, sans confession. Mais il tenait à se confesser, et il en avait gros sur le cœur !Il fournit donc sur son expédition du boulevard Brune des renseignements circonstanciés dont j’étais seul à même de vérifier l’exactitude. C’était bien lui mon cambrioleur , ou plutôt, l’un de mes cambrioleurs, car il avait un complice, prétendait il, un vieux camarade avec lequel il travaillait depuis douze ans.
- Dans les mêmes maisons ? demandai-je.
- Dans les mêmes maisons.

Palm avait une mémoire étonnante. Dieu sait combien il avait dévalisé de pavillons isolés depuis dix ans… et il se rappelait par rapport au mien, de détails que j’avais moi même oubliés.

Il racheta même, dans une certaine mesure, sa conduite à mon égard en déclarant qu’il avait appris le lendemain seulement, par les journaux, le nom de sa victime, et qu’il avait regretté que ce fût moi, dont il lisait les articles…

( Palm se moque de la corpulence de Descaves, au sujet des vêtements volés : « Le plus volé de nous deux d’ailleurs, ce fut peut-être moi… »
( Conseils de Palm à Descaves pour éviter les cambriolages…)

Au moment de prendre congé de lui, il me parut charitable de lui souhaiter du courage :
- Vous avez déjà fait trois ans de prison… c’est autant de pris sur vos huit années de travaux forcés… Comme la relégation s’y ajoute, je n’ose pas toutefois vous dire : « Au plaisir de vous revoir. »
- D’autant plus que le plaisir serait surtout pour moi… Je n’ai pas souvent l’occasion de rencontrer des gens qui me comprennent.

Et mon cambrioleur, dont j’ai fidèlement rapporté les propos, manifesta encore son usage du monde en s’effaçant pour me laisser passer.

Cité comme témoin, le jour du procès, à Versailles, je n’assistai pas aux débats. Dois-je me le reprocher ? A dire vrai, je n’avais pas la moindre illusion sur l’accueil du tribunal à la déposition d’une victime érigée en témoin à décharge.

Je m’abstins de toute démonstration, car si je n’ai jamais hésité à remplir un devoir, je me suis toujours refusé à jouer un rôle dans les spectacles."

Voilà, alors le Palm de Descaves et le Palma de Jacob ne sont ils qu'une seule et même personne ?

Dans la fiction, je n'ai pas hésité à répondre "oui".

Dans la réalité, que peut on en penser ? Descaves écrit près de cinquante ans après les faits. A cette époque, Maurice Leblanc a déjà répandu sa légende du gentleman cambrioleur. Il faut savoir que Descaves était, dans les années 1910, le directeur littéraire du "Journal" où les aventures d'Arsène Lupin paraissaient en feuilleton. Descaves est-il sous l'influence de la lupinose quand il dresse le portrait de Palm ?

La réaction de Descaves au cambriolage fait penser à la chanson de Brassens, "Stances à un cambrioleur" qui est bien postérieure...

Qui est le vieux camarade que Palm ne nomme pas ?

Les regrets de Palm après avoir cambriolé un journaliste-écrivain dont il lisait les articles font penser à l'histoire du cambriolage de Jacob chez Pierre Loti... Palm et Jacob partageaient-ils une même éthique ? Pourquoi ?

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Jacob, anarchiste cambrioleur.


Alexandre Jacob, 1879-1954.

Ce personnage a fait l'objet de plusieurs biographies plus ou moins fiables. La dernière en date, et la plus approfondie, est celle de Jean-Marc Delpech, publiée par l'Atelier de création libertaire. Un blog est associé au livre à cette adresse :
http://www.atelierdecreationlibertaire.com/alexandre-jacob/



J'ai écrit mon livre avant la parution de la biographie de Jean-Marc Delpech, et en tant que roman, il ne prétend pas à une parfaite exactitude historique.

Heureusement pour moi, aucune des diverses biographies n'est très précise sur la période qui va du printemps 1898, où Jacob sort de prison, au printemps 1899, où il organise un coup magistral au Mont de Piété de Marseille.

J'ai profité de cette lacune pour faire jouer à Jacob un rôle dans mon roman.

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