samedi 2 avril 2011

Stéphane Mallarmé fut il assassiné ?

Vous le saurez bientôt !














Palm, ou Palma, l'autre "gentleman cambrioleur"...

Dans les écrits d'Alexandre Jacob publiés aux éditions l'Insomniaque, une lettre envoyée à sa mère en janvier 1915, alors qu'il se trouvait au bagne en Guyane, fait allusion à un certain "Palma" sur qui aucun détail n'est donné...



Ai-je retrouvé la trace de cet homme ?

Dans son livre autobiographique "Souvenirs d'un ours" publié en 1946 , Lucien Descaves ( dont j'ai fait un membre de la bande des philopyges), écrivain libertaire et journaliste à l'Aurore à l'époque de l'affaire Dreyfus raconte qu'en 1898 ou 1899 il fut victime d'un cambriolage. Voici ses mots, près de cinquante ans après les faits :


"Chapitre XIII: « Revenez tout de suite. Maison dévalisée ».

Dans le train « trop omnibus à mon gré » il se fait cette réflexion : « Faut il tout de même que ces cambrioleurs opèrent à l’étourdie ! En effet, ou bien c’est par hasard qu’ils ont jeté leur dévolu sur mon habitation, et alors ils ont risqué les travaux forcés pour bien peu de choses ; ou bien sommairement renseignés, ils savaient quel est mon genre de vie et d’occupation, et il faut, en ce cas,qu’ils soient bien jeunes, bien naïfs, pour s’imaginer trouver dans les tiroirs d’un homme de lettres autre chose que des manuscrits et une correspondance volumineuse. »

Et il ajoute : « Le cambriolage n’est il pas, en somme, préférable à l’incendie qui détruit tout… »

Mes cambrioleurs avaient, dans le cabinet de travail, respecté les cartons, la bibliothèque, ne considérant pas sans doute mes livres et mes gravures comme un superflu dont il était raisonnable de me soulager. Je leur en rendis grâces.

(…)

L’effraction des meubles avait été opérée avec un tel soin, que je dus convenir qu’un serrurier requis pour ouvrir une porte, occasionne généralement dix fois plus de dégâts…

(…)

J’eus des nouvelles de mes visiteurs une dizaine d’années plus tard, en 1908, lorsque M. de Soubeyran de Saint-Prix, juge d’instruction, me pria de me rendre en son cabinet pour m’y fournir des détails sur le cambriolage dont j’avais été victime.

Affable et sans détours, M. le juge me mit en deux mots au courant des révélations d’un certain Palm, mon voleur.

Palm avait trente ans… plus huit ans de travaux forcés que lui valurent divers cambriolages, non compris le mien. Palm ne risquait pas grand chose en m’ajoutant à sa liste : il était déjà relégable. Enfin, c’était quelqu’un. J’avais hâte de le connaître plus intimement.

Il entra, escorté de deux gardes municipaux, et je vis un petit homme à la figure mobile, simiesque et fanée (…) Il portait le costume de détenu.

M de Soubeyran de Saint-Prix fit les présentations, nous nous saluâmes, Palm et moi, et la conversation s’engagea aussitôt, vive et cordiale, en présence d’un défenseur, bien aimable aussi. Le plus à son aise d’entre nous était Palm. A ne le juger que sur sa mine, on lui eût donné un casier judiciaire, sans confession. Mais il tenait à se confesser, et il en avait gros sur le cœur !Il fournit donc sur son expédition du boulevard Brune des renseignements circonstanciés dont j’étais seul à même de vérifier l’exactitude. C’était bien lui mon cambrioleur , ou plutôt, l’un de mes cambrioleurs, car il avait un complice, prétendait il, un vieux camarade avec lequel il travaillait depuis douze ans.
- Dans les mêmes maisons ? demandai-je.
- Dans les mêmes maisons.

Palm avait une mémoire étonnante. Dieu sait combien il avait dévalisé de pavillons isolés depuis dix ans… et il se rappelait par rapport au mien, de détails que j’avais moi même oubliés.

Il racheta même, dans une certaine mesure, sa conduite à mon égard en déclarant qu’il avait appris le lendemain seulement, par les journaux, le nom de sa victime, et qu’il avait regretté que ce fût moi, dont il lisait les articles…

( Palm se moque de la corpulence de Descaves, au sujet des vêtements volés : « Le plus volé de nous deux d’ailleurs, ce fut peut-être moi… »
( Conseils de Palm à Descaves pour éviter les cambriolages…)

Au moment de prendre congé de lui, il me parut charitable de lui souhaiter du courage :
- Vous avez déjà fait trois ans de prison… c’est autant de pris sur vos huit années de travaux forcés… Comme la relégation s’y ajoute, je n’ose pas toutefois vous dire : « Au plaisir de vous revoir. »
- D’autant plus que le plaisir serait surtout pour moi… Je n’ai pas souvent l’occasion de rencontrer des gens qui me comprennent.

Et mon cambrioleur, dont j’ai fidèlement rapporté les propos, manifesta encore son usage du monde en s’effaçant pour me laisser passer.

Cité comme témoin, le jour du procès, à Versailles, je n’assistai pas aux débats. Dois-je me le reprocher ? A dire vrai, je n’avais pas la moindre illusion sur l’accueil du tribunal à la déposition d’une victime érigée en témoin à décharge.

Je m’abstins de toute démonstration, car si je n’ai jamais hésité à remplir un devoir, je me suis toujours refusé à jouer un rôle dans les spectacles."

Voilà, alors le Palm de Descaves et le Palma de Jacob ne sont ils qu'une seule et même personne ?

Dans la fiction, je n'ai pas hésité à répondre "oui".

Dans la réalité, que peut on en penser ? Descaves écrit près de cinquante ans après les faits. A cette époque, Maurice Leblanc a déjà répandu sa légende du gentleman cambrioleur. Il faut savoir que Descaves était, dans les années 1910, le directeur littéraire du "Journal" où les aventures d'Arsène Lupin paraissaient en feuilleton. Descaves est-il sous l'influence de la lupinose quand il dresse le portrait de Palm ?

La réaction de Descaves au cambriolage fait penser à la chanson de Brassens, "Stances à un cambrioleur" qui est bien postérieure...

Qui est le vieux camarade que Palm ne nomme pas ?

Les regrets de Palm après avoir cambriolé un journaliste-écrivain dont il lisait les articles font penser à l'histoire du cambriolage de Jacob chez Pierre Loti... Palm et Jacob partageaient-ils une même éthique ? Pourquoi ?

*

Jacob, anarchiste cambrioleur.


Alexandre Jacob, 1879-1954.

Ce personnage a fait l'objet de plusieurs biographies plus ou moins fiables. La dernière en date, et la plus approfondie, est celle de Jean-Marc Delpech, publiée par l'Atelier de création libertaire. Un blog est associé au livre à cette adresse :
http://www.atelierdecreationlibertaire.com/alexandre-jacob/



J'ai écrit mon livre avant la parution de la biographie de Jean-Marc Delpech, et en tant que roman, il ne prétend pas à une parfaite exactitude historique.

Heureusement pour moi, aucune des diverses biographies n'est très précise sur la période qui va du printemps 1898, où Jacob sort de prison, au printemps 1899, où il organise un coup magistral au Mont de Piété de Marseille.

J'ai profité de cette lacune pour faire jouer à Jacob un rôle dans mon roman.

*

NAUFRAGES en 1895 et 1999.



Il faut être prudent avec ce que l'on raconte dans un roman !

Parfois les histoires des personnages deviennent la réalité de l'auteur...

Dès les débuts du projet, j'avais décidé d'évoquer l'histoire vraie de José Asunciòn Silva, écrivain colombien qui, en 1895, avait fait naufrage à bord du vapeur "L'Amérique" en longeant la côte entre le Venezuela et la Colombie. Dans cette mésaventure, il avait réussi à sauver sa vie, mais il avait perdu un coffre contenant toute son oeuvre.

Par la suite, il avait réécrit de mémoire son roman le plus important. Je volais donc un fait à la réalité pour l'intégrer dans ma fiction...

La réalité s'est vengée en faisant ressurgir cet évènement dans ma vie !

En janvier 1999, lors d'une tempête entre Madère et les Canaries, j'ai moi aussi fait naufrage et perdu, avec mon voilier, une bonne partie de mon premier roman, que j'ai dû réécrire de mémoire...

*

La mystérieuse princesse Marie-Thérèse Tchibinda.

Cette jeune femme, originaire du Soudan, vivait à Paris dans les années 1890.

Il n'y a, à ma connaissance qu'un seul témoignage historique sur son existence, c'est le récit du colonel Baratier, qui dans ses mémoires raconte sa rencontre avec elle alors qu'il était jeune officier au Congo en novembre 1896.

Il faisait partie de l'expédition du colonel Machand qui se préparait à rejoindre le Soudan et la vallée du Nil.


Voici ce qu'il en dit, avec sa délicatesse de militaire colonial de l'époque:

Il pleuvait. C'est peu de dire qu'il pleuvait; l'eau tombait comme elle ne tombe que dans les pays tropicaux, en cataractes.
(...)
Assis sous la véranda, je regardais la pluie, quand, derrière ce voile, j'aperçus quelque chose de bizarre qui se mouvait sur le sentier conduisant de la rivière au poste.

On eût dit un sac en marche ; un sac surmonté d'une étrange coiffure... Au sommet de la côte, en prenant pied sur le plateau, le sac se redressa, un coup de vent le plaqua sur des formes humaines... Je me frottai les yeux, je n'en croyais pas ma vue.


J'avais devant moi une silhouette de femme ! Une femme vêtue à l'européenne! Cette coiffure était un chapeau! Un chapeau de
paille fleuri !

A quelques mètres de ma case, la tête apparut; ce n'était qu'une négresse! Mais une négresse dans cet attirail? D'où sortait-elle? Où allait-elle?

Une lumière illumina subitement mon ahurissement. J'avais devant moi la princesse Marie-Thérèse Tchibinda.

J'avais oublié absolument que son arrivée nous était annoncée depuis deux mois par dépêche ministérielle. Marchand m'avait fait part de cette surprenante nouvelle. Le ministre des colonies nous envoyait « une femme politique », fille du sultan du Dar-
Banda, qui désirait être replacée sur le trône, d'où une razzia l'avait enlevée jadis. Nous nous étions même demandé si nous n'étions pas l'objet d'une mystifîcation ; le Dar-Banda avait été conquis par le sultan Rafaï, et le trône en question s'était écroulé depuis longtemps.

Je constatais l'authenticité de la dépêche, en même temps que l'existence de la femme politique !

Pauvre princesse ! Elle avait dû passer à gué la Comba grossie par la tornade ; sa jupe d'indienne, des épaules aux pieds, collait sur son corps, le chapeau garni de fleurs ruisselait, n'avait plus forme de chapeau, les roses pendaient tout autour lamentablement ; ce n'était plus une femme, c'était une cascade !

Elle me faisait pitié malgré cet accoutrement comique, et je m'avançai vers elle :

— Princesse, soyez la bienvenue. Vous voilà dans un triste état !

Le visage humide, msis épanoui d'un sourire, elle me répondit avec un fort accent méridional :

— Oh! ça n'a aucune importance. Je ne suis pas de ces femmes qui font du fla-fla.

Ah! non; elle ne fait pas de fla-fla! Voila une princesse bonne enfant! J'allais apprendre peu après que j'eusse pu dire bonne d'enfants. Pour linstant, je l'invite à se sécher, à se changer même, si elle en a les moyens.

— Ma malle arrive, affirme-t-elle fièrement

— Princesse, soyez la bienvenue.

Mon ahurissement est complet. C'est une chapelière! Une malle chapelière sur les routes du Congo! Comment a-t-elle pu traverser la montagne et la forêt du Mayombe ? Il paraît que chaque matin il y a eu lutte entre les porteurs, à qui ne prendrait pas cet encombrant colis. Je le comprends. On aurait dû au moins, à Paris, donner quelques renseignements à cette malheureuse.

Derrière la malle, marche M. Crevost, agent du Congo, qui se rend à Brazzaville, et est chargé d'escorter la femme politique
de la Mission du Nil. Cette corvée le met d'assez méchante humeur; il trouve sa fonction ridicule et n'a pour sa compagne
de route aucun des égards dus à une reine, même déchue. Peut-être que si la pauvre était moins laide, il serait moins dur avec
elle?

Pendant que la princesse se déshabille, je déclare à M. Crevost qu'elle est pour moi l'envoyée du ministre ; je vais donc
l'inviter à dîner. J'ai surtout une forte envie de connaître l'histoire de cette malheureuse. Comment cette idée de revendiquer
une couronne a-t-elle pu lui venir? Il y a certainement longtemps qu'elle est en France, à en juger par la façon dont elle
parle.

La voilà changée, de costume, pas de visage. Sa robe parsemée de petits bouquets ne l'embellit pas. Quand elle était trempée et que ses vêtements transparents plaquaient sur son corps, elle semblait être dans la tenue où on est accoutumé de
voir une négresse ; mais une toison crépue, un nez épaté, des lèvres proéminentes, ne gagnent pas au costume européen.

Mon invitation est accueillie avec une reconnaissance dont j'ai peine à arrêter le débordement. A table, la princesse ne demande qu'à parler. A mesure que se déroule son histoire, j'admire l'œuvre philanthropique à laquelle nous sommes conviés à nous associer.

Agée de trois ou quatre ans, Marie-Thérèse Ichibinda fut enlevée dans une razzia opérée au Dar-Banda, sur lequel, assure-t-elle, régnait son père. Transportée dans le Soudan Egyptien, vendue plus tard en Erythrée, elle échoua à Massaouah, où un officier italien la recueillit et la prit à son service. Avec cet officier, elle vint en Italie, et y passa la plus grande partie de son existence, jusqu'au jour où des événements mal définis, la conduisirent en France. Ce qu'elle y fit tout d'abord, demeure dans le vague. Avec une tête couronnée, il faut être discret; je n'insistai pas. Où et comment, en combien de temps apprit-elle le français? L'histoire ne le saura jamais. Sa vie redevint publique quand elle entra comme bonne d'enfants chez un journaliste, rédacteur à L'Eclair, affirme-t-elle.

C'est ce rédacteur avisé, qui probablement désireux de se débarrasser de cette négresse, tout en lui procurant une place avantageuse, lui mit en tête l'idée de remonter sur le trône de ses pères. Il dut être très éloquent; Marie-Thérèse Tchibinda, séduite par l'appât des grandeurs, s'enthousiasma de ce projet. Le malin publiciste ne fut pas moins éloquent avec le ministre des colonies; il lui exposa, ainsi que le prouve la dépêche reçue par nous, que cette femme nous serait de la plus haute utilité; il n'hésita pas à affirmer que nous traverserions le Dar-Banda et que le fait d'y ramener une souveraine nous y créerait tout de suite une situation hors de pair. Le ministre ne pouvait se refuser à un devoir d'humanité qui se doublait d'un acte politique. C'est ainsi que devant la volonté bien arrêtée de Marie-Théièse Tchibinda de revoir le berceau de ses ancêtres, le gouvernement résolut de l'expédier à la Mission.

Nul ne s'est inquiété de savoir comment, ayant été enlevée à trois ans, Marie-Thérèse pouvait se rappeler qu'elle appar-
tenait à la grande famille des Tchibinda ! On a oublié que le Dar-Banda n'existait plus. On n'a pas réfléchi que nous ne traverserions nullement le pays qui fut le Dar-Banda. On n'a pas songé que la malheureuse, élevée eni Italie, parmi le
monde civilisé, ne se doutait pas de ce que représentait l'Afrique, de ce qu'était la vie des siens, si jamais elle les retrou-
vait ; on ne s'est pas dit qu'on allait la jeter dans un pays dont elle ignorait tout, dont elle ne savait pas la langue, et que lui
faire reprendre les mœurs des anthropophages n'était peut-être pas le dernier mot de la philanthropie I

Je lui demande si elle se .souvient du nom de son village? Elle me répond qu'ils est au bord d'une rivière. C'est faible com-
me renseignement! Quant à l'origine de son nom, elle est très étonnée de cette question. Elle s'est toujours appelée comme
ça. Oui, toujours; c'est-à-dire depuis, qu'elle a des souvenirs, et les plus lointains remontent au temps de sa captivité.

Tchibinda est vraisemblablement un nom que lui ont donné ses ravisseurs. Elle ne connaît, en fait de brousse, que le Corso et
le boulevard I Elle s'imaginait voir ici des villes, des chemins de fer et des tramways...

Que ferons-nous de cette femme? Pour le moment, elle n'a qu'à poursuivre sa route jusqu'à Brazzaville, elle y attendra notre
départ.

Le lendemain matin, elle se remit en marche, coiffée de ses roses, suivie de sa chapelière. Elle affirmait, essayant d'em-
brasser mes doigts, qu'elle était triste de me quitter car elle m'aimait bien déjà!




*

Pendant ce temps, en Afrique...

http://www.histoire.presse.fr/content/2_recherche-full-text/article?id=5505

1898: la France se passionne pour l'affaire Dreyfus, les patriotes n'ont que l'honneur de l'armée à la bouche !

Mais l'armée, que fait-elle ? Elle s'illustre de façon sanglante en Afrique.



Mai 98 : c'est la prise de Sikasso au Soudan ( actuel Mali )

Eté 98 : Les jeunes officiers Voulet et Chanoine, qui se sont fait connaître en 96-97 par leur conquête brutale du pays mossi (actuel Burkina Faso ), préparent une expédition qui doit les conduire du Sénégal au lac Tchad.



Voulet



Chanoine



Le général Chanoine, père du précédent, ministre de la guerre en septembre octobre 98, antidreyfusard, fait tomber le gouvernement en démissionnant le 25 octobre.

La nouvelle expédition de Voulet et Chanoine en 98-99 sera un véritable massacre, mais cela est développé dans le tome 2...

Septembre 98 : c'est la capture de l'empereur Samory Touré, le dernier à résister aux français en Afrique de l'ouest.





Samory Touré sera déporté au Gabon, où il mourra quelques années plus tard.


Octobre 98 : C'est la crise de Fachoda entre la France et l'Angleterre. L'expédition du colonel Marchand partie du Congo, a occupé le village de Fachoda sur le haut Nil, et se heurte aux anglais du général Kitchener.



Le capitaine Baratier est envoyé à Paris pour prendre des ordres, bénéficiant d'un sauf-conduit des anglais il descend le Nil et traverse la Méditerranée pour débarquer à Marseille et se rend en train à la capitale où l'attendent les patriotes exaltés, au lendemain de la démission du général Chanoine.



Baratier

Finalement la France cèdera devant la pression diplomatique de la Grande Bretagne et Fachoda sera évacuée. Mais Marchand restera une icône pour les patriotes.


*

Jean Contoux-Montalvo, fils de Juan Montalvo.

Cet enfant, qui a une douzaine d'années à l'époque de l'affaire Dreyfus et du roman, est le fils de l'écrivain équatorien Juan Montalvo et d'Augustine-Catherine Contoux, jeune parisienne qui fut sa compagne pendant les dernières années de sa vie, en exil à Paris. Notre héros, Alexandre Wollaston, qui a connu Montalvo peu avant sa mort, se sent un peu coupable de n'avoir pas assez veillé au bien être de l'orphelin...

Juan Montalvo était un écrivain libéral et anticlérical qui s'opposa souvent au dictateur conservateur Garcia-Moreno, ce qui lui valut plusieurs périodes d'exil, en Colombie ( où il eut quatre fils ) et en France, où il mourut en 1889.

Fils d'un homme illustre pour les équatoriens, Jean Contoux fut un petit parisien anonyme pour les français, et un objet de curiosité pour les diplomates de son pays d'origine. Les riches équatoriens de passage à Paris venaient lui rendre visite, et selon la couleur politique du gouvernement du moment, il recevait parfois quelques subsides de l'ambassade.

Sa vie fut modeste, il participa à la première guerre mondiale comme tant d'autres, puis fit une carrière de journaliste sportif. Il fut militant d'un parti catholique rallié à la république, et toujours journaliste sportif dans la presse collaborationniste pendant l'occupation de 1940 à 1944.

L'ambassade d'Equateur avait perdu sa trace quand le diplomate et écrivain équatorien Dario Làra le retrouva au début des années 60, presque octogénaire et modeste retraité sur la Côte d'Azur... Jean Contoux n'a jamais visité l'Equateur où son père est toujours considéré comme une gloire nationale.


Juan Montalvo, Ambato, Equateur, 1833-Paris, France 1889.


En bonus, l'hymne de la section équatorienne de l'Internationale Philopyge:



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